Une année bien remplie pour le CSLF
L'ÉDITORIAL DU PRÉSIDENT

Le débat sur l’accès à l’école anglaise auquel nous avons contribué en déposant l’Avis sur l'accès à l'école anglaise à la suite du jugement de la Cour suprême du 22 octobre 2009 alimente de nouveau l’actualité politico-linguistique. Le 2 juin 2010, le gouvernement du Québec déposait le projet de loi 103 : Loi modifiant la Charte de la langue française et d’autres dispositions législatives. Ce dernier propose une série de mesures amendant notamment la Charte de la langue française, dont plusieurs nous semblent intéressantes. Il constitue également la réponse du gouvernement au jugement de la Cour suprême du Canada relativement à la loi 104 adoptée en 2002. Les recommandations du Conseil supérieur de la langue française (CSLF) émises dans son avis n’ont pas été retenues, le gouvernement préférant avoir recours à une solution de type administratif, qui précise la notion de « parcours authentique », concept proposé par la Cour suprême. Le Conseil maintient cependant la position exprimée dans son avis et suivra attentivement le cours des évènements.
Conscience linguistique et usage du français
Dans un autre ordre d’idée, depuis l’été 2009, le Conseil prépare un projet intitulé « Conscience linguistique et usage du français » (CLUF), qui veut cerner l’usage du français ainsi que les représentations et le sens donné au choix de la langue dans les situations de communication. On cherchera à répondre aux questions fondamentales suivantes : Quelles sont les pratiques des citoyens québécois dans l’espace public? Quel sens donnent-ils à ces dernières? L’intention est de compléter l’analyse habituelle selon la langue maternelle, la langue d’usage au foyer ou la langue de travail, telles que mesurées par les recensements, par l’ajout de situations de communication dans l’espace public et d’y relier le sens sociolinguistique (utilitaire d’un côté et symbolique et identitaire de l’autre) donné au choix de la langue utilisée.
Il faut signaler un fait important qui confère un sens particulier à ce projet : on cherchera à identifier et à mesurer l’importance des changements intergénérationnels de comportements linguistiques qui sont en train de se produire sous l’effet de multiples facteurs sociaux, culturels, économiques et technologiques renforcés notamment par la mondialisation de l’information et l’ouverture des marchés. Pour y parvenir, le CSLF a commandé un sondage à la maison Léger Marketing, à la suite d’un appel d’offres, au cours de l’hiver 2010.
La taille de l’échantillon utilisé pour l’enquête est la suivante :
- 1 500 francophones (langue maternelle) dans la RMR de Montréal (750 de moins de 35 ans et 750 de plus de 35 ans)
- 750 anglophones (langue maternelle) dans la RMR de Montréal (375 de moins de 35 ans et 375 de plus de 35 ans)
- 3 000 allophones (langue maternelle) dans la RMR de Montréal (1 500 de moins de 35 ans et 1 500 de plus de 35 ans)
- 1 500 personnes (francophones, anglophones et allophones) dans le reste du Québec (750 de moins de 35 ans et 750 de plus de 35 ans)
Un échantillon supplémentaire a été tiré pour réaliser 1 400 entrevues dans la région administrative de Gatineau.
L’épuration de la base de données et les premières analyses de données se feront d’ici l’été et la rédaction des rapports commencera à l’automne. L’analyse du sondage sera complétée par des études de nature qualitative dont nous attendons les résultats au cours des dix-huit prochains mois.
Du nouveau au CSLF
Enfin, il est important de faire état des changements qui touchent le personnel du Conseil supérieur de la langue française. Après plus de 30 ans de bons et loyaux services, Pierre Georgeault, directeur général du Conseil, a pris sa retraite le 7 juin dernier. Nous tenons à le remercier pour tout le dévouement et la passion dont il a fait preuve pour la défense du fait français au Québec par ses recherches et ses publications. Nous espérons qu’un jour, il trouvera le temps de livrer ses souvenirs et de raconter la petite histoire de l’aménagement linguistique au Québec depuis l’adoption de la Charte de la langue française. C’est Robert Vézina, directeur de l’administration et des communications du Conseil depuis 2009, qui assurera la succession.
De plus, depuis quelques mois, à la suite de divers mouvements de personnel, le Conseil peut enfin compter sur une équipe de recherche complète, formée entièrement de jeunes diplômés en sciences sociales. Avec l’appui de groupes de chercheurs universitaires d’expérience, ils auront comme première tâche l’analyse des résultats de l’enquête CLUF décrite plus haut.
L’équipe actuelle du Conseil s’est ainsi considérablement rajeunie, 50 % de son personnel ayant moins de 35 ans. Le défi de former une équipe compétente et dynamique est stimulant et exigeant, compte tenu de notre mission et de la rigueur que commande le traitement du dossier de la langue. Je suis convaincu que le Conseil saura tirer profit de ces changements majeurs et des perspectives nouvelles qu’ils entraîneront.
Je vous souhaite un bel été et une bonne Fête nationale du Québec!






